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Qu'est-ce que la connaissance ?

Dec 23 / Gaëlle DAGNET

Dans le précédent article, nous avons vu ce qu’est une information, nous avons aussi vu que dans une formation il était important de dépasser la simple information pour arriver à la connaissance.

Oui, mais, au juste, qu’est-ce que la connaissance ? 

Ici encore, plusieurs définitions nous sont proposées :

- « Fait de connaitre une chose, fait d’avoir une idée exacte de son sens, de ses caractères, de son fonctionnement. »

- « Action, fait de comprendre, de connaître les propriétés, les caractéristiques, les traits spécifiques de quelque chose. »

- « Opération par laquelle l'esprit humain procède à l'analyse d'un objet, d'une réalité et en définit la nature. »

En philosophie, on définit la connaissance comme l’activité théorique de l’homme.

Comme la théorie de l’information, il existe aussi une théorie de la connaissance qui se définit par : « ensemble des spéculations ayant pour but de déterminer l’origine et la valeur de la connaissance commune, scientifique ou philosophique. »
Aussi appelée philosophie de la connaissance, la théorie de la connaissance est parfois assimilée à l’épistémologie qui étudie les conditions de validité des connaissances scientifiques.

Elle étudie la nature, les origines, les moyens, les contenus et les limites de la connaissance, notamment de la connaissance humaine. Elle se veut analyser la connaissance en déterminant ses conditions nécessaires et suffisantes. Le but étant d’établir le lien entre la croyance et la vérité.
Pour PLATON, « la connaissance est « une opinion droite pourvue de raison ». Elle est nécessairement vrai (épistème) à contrario de l’opinion qui ignore la réalité des choses. Elle est à l’intersection de la croyance et de la vérité. Elle s’illustre par le schéma suivant :
Depuis d’autres philosophes ont donnés leur propre définition de la connaissance :

➢ « Par connaissance, j’entends la certitude qui naît d’une comparaison d’idées. » HUME ➢ « En toute connaissance, il faut distinguer la matière, c’est-à-dire l’objet et la forme, c’est-à-dire la manière dont nous connaissons l’objet. » KANT
➢ « La connaissance est la relation entre le concept et la réalité effective. » HEGEL

Dans ses travaux, MACH définit la connaissance comme étant supérieure à l’information dans l’équation suivante :

Connaissance = Information + Interprétation humaine
 
« La connaissance a son point de départ dans la perception sensorielle, puis s’ensuit la compréhension et termine enfin sur la raison. Il est dit que la connaissance est une relation entre un sujet et un objet. Le processus de la connaissance comporte quatre éléments : sujet, objet, opération et représentation interne (le processus cognoscitif). »

« La connaissance est tout un ensemble d’informations stockée par le biais de l’expérience ou de l’apprentissage (a posteriori), ou à travers l’introspection (a priori). Dans le sens plus large, il s’agit de la possession de multiples données interdépendantes qui, à elles seules, ont une moindre valeur qualitative. »

Toute comme l’information, la connaissance n’est pas parfaite et figée dans le temps. Elle nécessite une actualisation régulière. Afin de générer la connaissance, il est nécessaire de passer par deux phases : la recherche de base (où la théorie est mise en évidence) et la recherche appliquée (où l’information est appliquée).

Les auteurs contemporains classent les connaissances comme ceci :

1. Les connaissances factuelles qui sont relatives aux objets de notre univers.

2. Les connaissances notionnelles qui concernent les relations abstraites entre les êtres ou les choses

3. Les connaissances sur les procédures qui concernent les sites d’actions ou d’opérations mentales qui permettent de réaliser un objectif

4. Les connaissances rationnelles qui résultent de travaux ou de relations inter
personnelles.

Ces connaissances sont regroupées en deux catégories : On parle de connaissances explicites lorsque la connaissance peut être transmise d’un sujet à un autre par le biais d’une communication formelle écrite ou orale. Elle est issue de l’observation et est verbalisable. Lorsque la connaissance est difficile à communiquer et qu’elle se rapporte à des expériences personnelles ou à des modèles mentaux et est ancré dans l’action ou la routine on parle de connaissances implicites ou tacites.

En science, on estime que pour atteindre la connaissance il est nécessaire de suivre une méthode. La connaissance scientifique doit être valide et cohérente, c’est-à-dire qu’elle doit être logique mais elle doit aussi être testée par une méthode scientifique ou expérimentale.

Pour finir, la psychologie cognitive a effectué une classification des connaissances en trois parties :

- Les connaissances déclaratives qui sont théoriques, il s’agit de la « connaissance de faits, de règles, de lois, de principes. »

- Les connaissances procédurales qui, selon Jacques TARDIF, concernent la réalisation concrète d’une action ainsi que ses procédures à suivre.

- Les connaissances conditionnelles qui concernent le moment et le contexte dans lequel une procédure peut être effectué. Elles sont aussi appelées « connaissances stratégiques ».

La connaissance a donc, selon le domaine que vous utilisez, plusieurs définitions. Néanmoins, chacune de ces définitions a un point commun : la connaissance est basée sur l’expérience de chacun.

Et vous, où vous situez-vous lorsque vous transmettez des connaissances à vos apprenants ? Plutôt dans la définition mathématiques, philosophique ou encore scientifique ? Peut-être bien un peu partout ? A vous d’en décider !

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