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Comment favoriser la cohésion de groupe

Dec 9 / Gaëlle DAGNET

La cohésion de groupe est un élément clé pour le bon déroulement d'une formation. Plus cette cohésion sera forte, plus il sera facile aux étudiants d’atteindre, voire de dépasser, les objectifs fixés en amont de la session de formation. Malheureusement, être un groupe cohésif n'est pas quelque chose d'inné, cela demande du travail de votre part mais aussi de la part de ces derniers. Voyons ensemble ce qu'il est possible de faire pour permettre aux apprenants de devenir de plus en plus cohésifs.
Mais avant de rentrer dans le vif du sujet et de donner tout de suite les clés d'une bonne cohésion, revenons-en à la base et réfléchissons un peu autour de la définition de la cohésion de groupe. 

Qu'est-ce que la cohésion de groupe ?

Selon Gabriel Mugny, la cohésion est l'ensemble des forces qui agissent sur les membres d'un groupe pour qu'ils restent dans le groupe et résistent ainsi aux forces de désintégration. (Autant dire qu'elle est utile !)
Raymond Chappuis précise que la cohésion d'un groupe dépend de l'harmonie de deux forces en jeu, l'une agissant au profit de la production, l'autre au profit de la personne.
Carron, lui, définit la cohésion des groupes comme « un processus dynamique qui se caractérise par la tendance d’un groupe à se serrer les coudes et à demeurer unis dans la poursuite de ses objectifs ». Pour compléter cette définition, Festinger (1950), a dit que, selon lui, la cohésion est « l’ensemble des forces qui agissent sur les membres pour les faire demeurer au sein du groupe ». Selon ces auteurs, des forces distinctes agissent sur les membres pour les garder dans le groupe. La première est l’attrait du groupe, qui se rapporte au souhait individuel d’avoir des interactions interpersonnelles avec les autres membres du groupe et au désir de participer à des activités de groupe. La seconde catégorie de force se réfère au bénéfice qu’un membre peut retirer de son association au groupe.Cette seconde catégorie de force est appelée le contrôle des moyens. Les recherches menées dans ce domaine ont fait ressortir deux concepts permettant de saisir le lien entre la cohésion et le comportement d’un groupe : la distinction entre la cohésion opératoire (phases d’exécution de la tâche) et la cohésion sociale. La cohésion ne se limite pas à l’aspect affectif et social, mais elle se réfère aussi à la tâche. La cohésion opératoire et la cohésion sociale sont deux composantes indépendantes.La cohésion opératoire est le degré de collaboration des membres du groupe dans la poursuite d’un but bien précis. La cohésion sociale est le degré d’attirance entre les membres du groupe et le degré de satisfaction des membres de ce groupe à évoluer ensemble. Ces deux composantes sont donc indépendantes dans le sens où les membres d’un groupe peuvent tendre vers un but sans pour autant qu’il y ait un sentiment fort entre les membres de ce groupe. Le monde sportif nous offre des exemples multiples dans ce sens. En 1992, Carron et Spink ont démontré qu’il y a une adhésion plus évidente à un programme d’activités physiques lorsque la cohésion sociale du groupe s’améliore.


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Les facteurs de la cohésion de groupe  

1 - Les facteurs structurels
- La taille du groupe : Un groupe de taille réduite a plus de facilité d’être uni qu’un groupe dont l’effectif est nombreux.
 - L’homogénéité du groupe : Plus le groupe est homogène, c’est-à-dire plus ses membres ont des caractéristiques communes, plus il est cohérent.
 - La stabilité : Un groupe dont le taux de rotation est faible est plus uni qu’un groupe dont les membres se renouvellent souvent.

Les facteurs d'ordre socio-affectif

Ils relèvent d’attitudes et de comportements individuels au sein du groupe, de phénomènes d’attraction et de rejet.
 - La qualité des relations : Une communication de bonne qualité entre les membres du groupe facilite l’entente et les accords collectifs.
 - La motivation des membres : La nécessité de se maintenir dans la compétition contribue à motiver l’équipe.
 - La réussite : Les succès précédents remportés par l’équipe l’incitent à poursuivre dans la recherche d’une réussite collective.
 - L’existence d’une menace extérieure : La rivalité avec une équipe concurrente tend à resserrer les liens de solidarité interne.
 - Le partage d’une culture : Le souhait des membres d’appartenir à l’équipe et de partager son image renforce la cohésion.

Comment dynamiser la cohésion d'un groupe ?

Le rôle du formateur est de fédérer l’équipe qu’il dirige autour d’un projet/objectif commun et de valeurs partagées. Certes, chacun des membres de l’équipe, en tant qu’un des maillons, participe à sa dynamique et à sa cohésion. Mais c’est au formateur qu’il revient de la mettre en œuvre et de la faire vivre dans la durée à travers la création d’expériences communes, le partage des valeurs et de projets, une vision commune... En cela, c’est lui qui porte et incarne, la cohésion du groupe.


1. Soigner la relation enseignant/enseigné

Le style de leadership du formateur est reconnu depuis de nombreuses années comme étant une source d’influence majeur du fonctionnement d’un groupe de classe. Il existe trois facteurs clés du leadership favorisant la cohésion de groupe : la Valorisation, l’Autonomie et le Partage (V.A.P.). Ainsi, vous pouvez en tant que formateur largement développer la cohésion et la productivité de votre groupe si vous laissez une marge d’initiative et de responsabilité aux étudiants, si vous valorisez leurs résultats, mais également leur investissement, leur état d’esprit, et si vous restez accessible, ouvert à la communication et si vous faites participer vos étudiants à leurs propres apprentissages.

2. Véhiculer des valeurs collectives

Il sera difficile d’envisager qu’un groupe soit cohésif s’il n’a aucun point commun de rattachement. Il arrive que les valeurs soient imposées par le contexte, mais vous pouvez et devez, vous aussi, véhiculer et partager vos propres valeurs : celles en qui vous croyez. La tâche résidera alors dans le fait que chaque membre partage ces valeurs, s’y retrouve, et s’épanouisse au travers d’elles. Cela permettra alors de renforcer l’homogénéité du groupe dans son savoir-être et renforcera par la même occasion, sa cohésion.

3. Partager un objectif commun

Les objectifs en commun que vous pourrez mettre en place se rapprochent des objectifs pédagogiques que vous avez fixés.

4. Veiller à l’ambiance de travail

Créez un climat de convivialité, de confiance dans lequel les étudiants seront à l’aise et libre de pouvoir s’exprimer.

Actions et leviers de cohésion à mettre en place :

-  Faciliter la communication, la régulation : la communication est l’une des principales causes de dysfonctionnement au sein d’un groupe ; son absence également, source de non-dits et de malentendus. L’enseignant doit ainsi particulièrement veiller au respect des règles définissant la façon de communiquer au sein de la classe (coresponsabilité, respect, bienveillance...), ainsi qu’à la tenue de temps collectifs formels (travaux de groupe) comme informels (pauses) qui sont une source d’échanges essentiels.

-  Poser des règles explicites de fonctionnement : pour fonctionner, une classe a besoin de règles qui définissent le cadre et l’organisation de travail. Le formateur doit veiller à l’adhésion de chacun des membres de la classe à ces règles.

-  Clarifier les objectifs pédagogiques

-  Développer l’autonomie et la responsabilité : cela ne signifie pas un travail sans cadre mais bien permettre aux étudiants d’avoir des marges de manœuvre dans la réalisation de certaines tâches sans pour autant mettre à mal l’ensemble de l’organisation. Cette autogestion est perçue par les apprenants comme un gage de confiance.

- Inciter à la coopération : « Tout seul on va plus vite, ensemble on va plus loin ». Le travail est plus efficace et de meilleure qualité lorsqu’il s’effectue de façon collective. Il est important de valoriser les pratiques d’entraide et de solidarité.

-  « Faire vivre » des valeurs communes : chaque étudiant possède sa propre échelle de valeurs. Pour autant, la salle de classe doit se retrouver sur des valeurs communes fortes, celles que vous leur aurez communiqués. Il s’agit de la clé de voûte de la cohésion de groupe, car ce sont elles qui donnent un sens à l’action commune des élèves. Il faut veiller à les partager, à les faire vivre, mais aussi à les incarner au quotidien.

-  Initier et maintenir un contexte d’apprentissage bienveillant : Travailler dans la convivialité est bénéfique à tous points de vue. Une « bonne » cohésion de groupe passe nécessairement par un environnement où il fait bon travailler.

-  Prévenir et gérer les conflits : Les désaccords ou conflits peuvent venir perturber les élèves ainsi que vous-même. Il ne faut pas laisser une situation conflictuelle se dégrader. Il faut intervenir de manière impartiale pour y mettre un terme.

-  Faire du feed-back : Un élève reconnu dans son travail aura davantage confiance en lui et donnera le meilleur de lui-même, au bénéfice de la classe (ex : pour des travaux de groupe)

-  La notion d’échec : Lorsqu’un groupe est en situation d’échec, cela peut être dû à un manque de cohésion dans ce dernier (qui peut être dû à un manque d’homogénéité, de communication ou tout autre facteur structurel ou d’ordre socio-affectif). Dans ce cas-là, vous pouvez avoir une discussion avec ce dernier afin de voir ensemble quels sont les points à améliorer afin de rendre le groupe plus cohésif ; si cela ne change pas malgré votre discussion il est possible de changer le groupe.

Il y a, donc, de nombreuses façons de créer et de maintenir la cohésion d'un groupe. À vous de décider ce qui est le plus adapté à votre groupe 😉

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